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Juin 07

Texte introductif a la conférence de presse du 22 Janvier 2016

Texte introductif a la conférence de presse du 22 Janvier 2016 présenté par le SG National du SUDES, Dr Amadou DIAOUNE

Mesdemoiselles, mesdames et messieurs les journalistes,

Tout d’abord, en ce début de nouvel an, le SUDES est heureux de vous exprimer ses vœux de bonne et heureuse année 2016, en vous souhaitant plein succès dans votre noble mais délicate mission de recherche, de traitement et de diffusion de l’information qui est à la fois, un droit et «  produit de consommation » indispensables au fonctionnement normal d’une société démocratique.

Au peuple Sénégalais, le SUDES formule les vœux de progrès social dans la paix et la sécurité, dans un contexte régional trouble, marqué par la violence barbare dévoreuse d’innocentes vies humaines.

L’objet de la présente conférence de presse est de décliner les analyses et propositions du SUDES relativement à la situation syndicale, scolaire et universitaire.

En effet, depuis la rentrée scolaire et universitaire 2015-2016, cette situation demeure marquée par : la récurrente question du respect des accords signés entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants, le projet de révision du système de rémunération et de motivation des agents de la Fonction Publique et tout récemment, les redéploiements du personnel.

  1. De la mise en œuvre des accords de Février 2014

Il y a eu certes, quelques avancées dans la mise en œuvre des dits accords. Mais pour l’essentiel, le SUDES considère qu’en dépit des décisions du Président de la République du 10 Octobre 2015, des engagements du Premier Ministre lors des négociations et au cours du conseil interministériel sur la rentrée des classes mais aussi, des efforts méritoires du Haut Conseil du Dialogue Social et du Comité du Dialogue Social /Secteur Education et Formation, les risques d’embrasement généralisé du front social dans le secteur de l’éducation sont réels.

En effet si on a pu noter des efforts dans la formation diplômante et dans le traitement de dossiers administratifs des enseignants notamment sur la validation, au MEN, au MFPAA et à la Fonction Publique, par contre sur les autres points les lenteurs persistent. De même, on constate des blocages inacceptables au Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan (MEFP). Or, pour le SUDES des moyens financiers existent pour mettre fin aux lenteurs dans les mises en solde et dans les alignements indiciaires, conformément à la décision n° 6 du Président de la République en date du 10 octobre 2015.Il s’y ajoute une absence regrettable de communication, de transparence et d’ouverture au dialogue social de la part des autorités de ce ministère.

C’est pourquoi, le SUDES exige du gouvernement de tout mettre en œuvre, pour arrêter de trainer le boulet des accords non respectés, qui prend en otage l’École publique et hypothèque gravement la paix sociale indispensable à la mise en application des conclusions des Assises de l’Éducation et de La Formation et celles de la CNAES pour l’incontournable refondation du système éducatif.

De même, nous exhortons les médiateurs institutionnels (Assemblée Nationale et CESE) à s’impliquer une fois de plus, pour l’application correcte des accords de 2014.

En effet il a été regrettable de constater lors de la dernière session du Comité de Suivi des Accords, le 19 Janvier 2016, un maigre bilan de la mise en œuvre des décisions présidentielles du 10 Octobre 2015. Ce bilan est loin des attentes légitimes des enseignants et de leurs organisations syndicales. En définitive, Il n’offre hélas aucune autre alternative que la confrontation.

Dans cette perspective, le SUDES invite les syndicats d’enseignants à la constitution d’un vaste front unitaire à travers une coalition des cadres intersyndicaux existants et la mise en œuvre de stratégies de lutte appropriées, innovantes et efficaces pour le parachèvement correct du protocole d’accord de février 2014.

  1. Sur la Réforme du système de rémunération des agents de la Fonction publique :

Pour le SUDES, le front unitaire des syndicats d’enseignants susmentionné devra être le socle d’une Intersyndicale de la Fonction Publique à créer en perspective entre autres, de la reforme du système de rémunération des agents de l’État, sur la base des principes de justice, d’équité, de motivation et d’efficacité au travail.

Par ailleurs, sur ce dossier, le SUDES invite respectueusement le Président de la République à privilégier une large concertation autour du rapport final du cabinet de consultance, dont il a la primeur, avant de prendre les décisions qui lui reviennent de droit.

  1. Sur les redéploiements du personnel

Depuis quelques semaines, le climat de paix et de travail dans les établissements scolaires a été et demeure sérieusement perturbé par des redéploiements intempestifs du personnel. Le moment choisi et la méthode utilisée sont à décrier fortement. Il s’y ajoute que c’est parfois, la gestion népotiste et clientéliste du personnel, en violation du principe et des règles de la gestion démocratique par les autorités à différents niveaux du MEN, qui est à l’origine des déséquilibres qui ont conduit aux redéploiements. De plus, dans nombre d’IA et d’IEF les redéploiements ont été faits sans concertation préalable avec les syndicats d’enseignants.

C’est pour toutes ces raisons, que le SUDES condamne avec fermeté les redéploiements intempestifs en cours et exprime sa totale solidarité. Toutefois, pour sortir de l’impasse le SUDES exige des autorités, la suspension des redéploiements en cours et l’instauration de concertations préalables avec les syndicats en vue d’un examen objectif des situations et les solutions qui s’imposent.

Par ailleurs, c’est l’occasion d’inviter le gouvernement à continuer de recruter massivement des enseignants pour tous les cycles d’enseignement, parce que le pays est dans une phase d’expansion de la scolarisation à tous les niveaux.

Or, il apparait que pour la présente année académique il y ait des tergiversations du gouvernement quant aux quotas à recruter à la FASTEF et dans les autres institutions de formation des formateurs.

La seule logique comptable qui semble sous-tendre cette politique de courte vue du gouvernement est porteuse de désespoir pour des milliers de diplômés de l’enseignement supérieur et de graves conséquences pour l’avenir du système éducatif.

  1. Sur l’enseignement supérieur public

La situation y demeure marquée par le retard considérable dans le démarrage de la nouvelle année académique 2015-2016. En effet, les évaluations au titre de l’année précédente sont encore en cours dans la plupart des facultés et UFR des universités publiques. Il s’y ajoute le problème d’orientation d’un reliquat de 9000 bacheliers de 2015 qu’il faut résoudre.

Pour d’autres questions de fond auxquelles il faut faire face dans ce sous secteur, il y a entre autres :

  • Le recrutement conséquent d’enseignant(e)s chercheuses et chercheurs
  • L’augmentation conséquente du budget des universités
  • Des ressources suffisantes pour la prise en charge médicale des personnels et l’évacuation sanitaire en cas de besoin etc.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

Fait à Dakar, le 22 Janvier 2016.

 

Le Secrétariat Exécutif National Unitaire